Affiche du Courrier International interdite : pas d'explication claire
Alors que les critiques de la presse internationale contre Sarkozy-je-suis-une-victime se font tous les jours plus dures, le Courrier a voulu faire son travail : le relater. Erreur.
L'entreprise n'a qu'un objectif : la rentabilité financière. C'est ce qu'on dit et c'est aussi ce qu'on lui reproche souvent. Pourtant parfois certaines d'entres elles on un comportement bien étrange. Jugez donc cette histoire qui date de quelques jours seulement.
El Païs, le plus grand jounal d'Espagne, en vente et en influence (l'équivalent du Monde en beaucoup plus lu), publie un article sur le Président de la République Française. Une charge assez violente, certes, mais finalement assez réaliste et conforme à ce qui s'écrit partout dans le monde sur Nicolas Sarkozy. Or justement l'objectif du Courrier International est de rendre compte de ce qui s'écrit partout ailleurs dans le monde. le Courrier publie donc une traduction de l'article concerné.
L'angle d'approche de cette texte est la maladie : tous les Présidents de la République furent de grands malades (cancer de Mitterrand, etc.) et Nicolas Sarkozy n'échappe pas à la règle. Sa maladie à lui : "hypertrophie incurable de l’ego". Loin de faire la une du journal la couverture annonce discrètement d'un petit bandeau "Vu de Madrid: Sarkozy, ce grand malade".
C'était trop pour la régie publicitaire privée de la RATP (Métrobus) et les distributeurs Relay. Affiche interdite. Raison invoquée ? Risque de de complications judiciaires pour diffamation. Pourtant cela n'a absolument pas dérangé les autres régies ou distributeurs qui ont tous affichés la couverture. Apparemment personne n'a encore pris la direction de la prison. Et de toute façon, si diffamation il y a, elle est avant tout sur la couverture du journal et c'est lui qui en a la responsabilité.
Alors quelles mouche a piqué ces deux entreprises ? Les deux ont préféré se fâcher certainement avec un client et un partenaire commercial plutôt que prendre un risque abstrait. Logiquement on ne voit que deux raisons : soit elles sont paranoïaques, soit elles n'aiment pas l'argent.
Une troisième est évoquée mais elle ne s'applique pas dans un modèle libéral, je n'y crois donc guère. La concession publicitaire de la RATP dépend directement du pouvoir politique et le réseau Relay de Lagardère, le "frère" de Nicolas Sarkozy. Accessoirement la France est son plus gros client (ventes d'armes).
Mais cette idée n'a probablement pas plus de fondement que les OVNI, la destruction du World Trade Center par le complot juif et le sexe de miss France qui sont les théories les plus passionnantes du moment.
Les deux groupes se sont refusés à tout commentaire. Les employés ont reçu consigne de silence.
L'auteur, le 25/02/2008 22:38
A noter que les deux entreprises concernées n'en sont pas à leur coup d'essai en matière de censure.
Pour exemple Métrobus avait déjà interdit l'hilarant titre de Télérama : « Dimanche 15 janvier. Vivement dimanche. Nicolas Sarkozy devrait faire attention. C’est déjà la troisième fois qu’il invite Michel Drucker dans son émission ».
"Je suis convaincu que la peur du gouffre finira par jouer et que le Oui passera."