« Borat » et le postulat de l’humour à tous sujets
J’ai participé à de nombreuses discussions où je me retrouvais à défendre ce film mais je n'avais pas encore réussi à expliquer ce qui me plaisait vraiment, et définitivement dans ce film. C'est chose faite.
J’ai participé à de nombreuses discussions où je me retrouvais à défendre ce film – que je considère comme un chef-d’œuvre – contre l’accusation de n’être qu’un film vulgaire et pipi-caca.

De ces conversations j’en déduits que très peu de personnes ont, finalement, vraiment compris le propos du film. Et pas plus chez ceux qui ont adorés que chez ceux qui ont détestés.

Effectivement le défenseur est vite pied au mur lorsqu’on lui demande l’intérêt du film :

• La critique de la société américaine ? Mais le film est jonché de passages qui n’ont strictement rien à voir avec ça ;
• La critique de l’antisémitisme ? Mais le film est jonché de blagues racistes ;
• Les blagues dans la rue ? Souvent peu improvisées ;
• L’humour « n’importe quoi » ? Voulez-vous dire l’humour Jackass ;
• Etc., etc…

Finalement aucun propos ou point de vue ne ressort et ce film semble n’être qu’un amas sans cohérence pour celui qui n’aime pas. Ce dernier n’en retient que l’humour pipi-caca.

En fait la plupart d’entre nous faisons fausse route en gardant la tête dans l’écran pour critiquer ce film. Ce n’est pas une œuvre basée sur un type d’humour, ni une critique X ou Y de la société, même si ce sont des éléments qui en font partie. Il faut prendre un peu de distance pour comprendre que cette comédie (cet OVNI comique ?) est un film sur l’humour. Plus précisément le propos du film est : « On peut rire de tout. » C’est ainsi que l’auteur met tout le monde dos à dos :

Il se moque des antisémites mais il se moque des juifs ;
Il se moque des sociétés industrialisées mais il se moque des pays pauvres ;
Il se moque du tiers-monde mais il se moque des occidentaux ;
Il se moque des américains mais il se moque des étrangers ;
Il se moque des machistes mais il se moque des féministes ;
Il se moque des bourgeois mais il se moque des manants ;
Il se moque de tout le monde mais il se moque de lui, en se caricaturant lui-même (d’où l’apparition de l’humour vulgaire, caricature du caricaturiste) ;

Finalement, c’est toute l’humanité qui est ciblée ici. Ceux qui n’adhèrent pas à l’adage « on peut rire de tout » seront déstabilisés, mal à l’aise et détesteront. Les autres adoreront, de la première à la dernière goutte.

Le succès et les controverses autour de ce film ne font que rappeler ce qu’affirmait Desproges : « On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde. »
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Commentaires




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Super Lapin, le 21/01/2009 11:28
Jolie analyse. J'ai toujours pas vu ce film tiens... Par contre, en ce moment je me gave d'une serie americaine (oui oui, ca arrive, sans pitie) qui rejoint un peu ce que tu dis: My name is earl. Au debut je trouvais que ca me faisait juste fondre la cervelle et sourire en bavant un peu tellement ca a l'air bete. Mais en fait ya un sacre truc derriere quand meme je trouve. Justement le fait que Earl c'est un loser de classe pauvre qui tente des reflexions rapides et pas tres fines sur la vie, et SURTOUT, qui etait mechant pas beau, et decide de devenir gentil sociable. Ca oppose constemment deux visions d'une meme situation, et en fait c'est genial. Par contre: !!!A NE PAS VOIR EN DOUBLAGE FRANCAIS!!! Comment c'est trop pourri le doublage... Hallucinant d'ailleurs. Americain sous titre francais eventuellement (et encore, paie ta traduction parfois...).
Voila bon je te conseille de regarder ca.
"Je suis convaincu que la peur du gouffre finira par jouer et que le Oui passera."
Alain Minc, Le Nouvel Économiste