Dimanche soir, il est 22 heures. Le week-end se finit, aujourd'hui je n'ai rien fait. Je suis d'humeur songeuse et d'âme vague.
Tiens, une pub rigolote à la radio. Pour les préservatifs féminins. "Aujourd'hui on a le choix". Ça tombe bien, parce que quand je l'avais vraiment je n'avais pas pu en trouver en pharmacie, de ces fameux préservatifs féminins.
Il est 22 heures 11 et rien n'a changé. Je suis toujours seul. Seul dans ce costume trop étroit et trop lourd en même temps. Et trop rigide aussi. Oui, on dirait la description d'une armure. La bonne vielle carapace, le nom même qu'on donne depuis toujours à mes difficultés de communication.
Quand saurais-je ce que je veux? Les cours me font chier. Ce qui me passionne devient soporifique du point de vue d'un TD. J'adore la musique, j'adore jouer mais quand il s'agit de répéter, de travailler, il n'y a plus personne. J'aime des gens mais leur envoyer une carte postale est un défi. Je craque complètement devant le charme de certaines filles mais il semble que l'idée de m'investir un temps soit peu me bloque. Et quand j'aime et suis sur le point de trouver un sens à ma vie je ne sais pas faire l'effort de communication minimum inhérent à une relation de ce type.
Je me meus difficilement dans cette armure. Il me faut sans cesse déployer des forces supplémentaires pour paraître normal. D'où, je pense, ces périodes d'abattement extrême qui sont nécessaires à ma récupération...
Mais on ne peut pas faire sa vie comme ça. Quand est-ce que je contrôlerai mes peurs, que je m'assumerai, bref, que je serai un homme? On dit qui faut "tuer" son père pour cela. Il parait qu'on ne s'assume définitivement que lors de la disparition des parents. C'est affreux, j'en viens presque à le souhaiter...
Aujourd'hui je vis dans le rêve. Une fille dit un jour à mon endroit qu'il ne fallait pas en abuser, du rêve. En effet je ne voudrais pas devenir Mickael Jackson. Mais je crois que c'est ma drogue à moi, le rêve. Quand j'en sors je vois du froid et de la saleté, de la solitude et de la souffrance. En plus je suis de nature pessimiste. Au fond du fond, pas en apparence. Si encore je croyais en un dieu ou en un destin quelconque écrit quelque part sur une face du cosmos, tout serait moins oppressant. Mais non, il va falloir que je me débrouille, tout seul, que je me décide un beau matin, entre moi et moi, à retrousser mes manches et à arracher ces boulets que je traîne depuis si longtemps. Depuis toujours en fait. C'est d'ailleurs sûrement pour cela que j'y suis si attaché...
23/11/2003 00:00
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Commentaires
"Je suis convaincu que la peur du gouffre finira par jouer et que le Oui passera."