- Greenpeace : l'irrationnel et la manipulation au desservice de l'écologie
- De bonnes intentions : l'enfer en est pavé
- Greenpeace a donc obtenu la revanche qu'elle avait longuement souhaitée sur l'état français, celui-là même qui avait coulé le Rainbow Warrior en 1985 (sous les ordres de l'homme de droite François Mitterand). Le porte-avion Clémenceau de la marine française, qui devait subir une fin de désamiantage et un démontage en Inde, sera finalement rapatrié en France pour ... pourrir dans un port pendant des années.
Greenpeace est une association qui se revendique activiste et écologiste. "Activiste" parce qu'elle agit plus qu'elle ne pense et que tous les moyens sont bons pour faire avancer "la cause". Et comme tout ceux qui se battent pour un drapeau, le débat, la vérité et le rationnel sont des valeurs tout à fait secondaires. L'association ne s'en cache même pas d'ailleurs, elle reconnaît sans problème que son objectif est de jouer sur l'émotionnel, la manipulation et le mensonge pur et simple, ce qu'on appelle pudiquement "l'activisme médiatique". A l'instar des néo-conservateurs américains elle ne cache même plus que le mensonge est un outil comme un autre arriver à ses fins. Et ce pour deux raisons : le caractère supérieur de la cause ("l'écologie" pour elle, comme la "liberté" pour les néo-conservateurs) et la disproportion supposée des armes à disposition de l'ennemie (les états et les multinationales, comme les terroristes pour les seconds).
Dans les faits que s'est-il passé ici? L'armée devait se débarrasser de son vieux porte-avion, le Clémenceau. Comme tous les bateaux de cet âge le bateau est plein d'amiante. Il faut donc le désamianter avant puis le démonter pour revendre l'acier. Elle a décidé, comme tous les armateurs du monde de vendre son bateau en Inde. Jusque là c'est d'une banalité sans limite puisque c'est ce que font tous les jours les compagnie privées, actuellement, sans susciter la moindre réaction des écologistes. Cependant, l'armée fit plus que le minimum, puisqu'elle décida de réaliser un premier désamiantage partiel en France. Pour la première fois un navire fut préalablement dépollué avant d'être envoyé en Asie et des alvéoles ont été installées pour protéger de l'amiante. De plus pour la première fois chez un armateur, des moyens de protection élémentaires des employés et des solutions de gestion des déchets furent prévus. Donc non seulement l'état français ne s'est dans ce cas pas comporté en pollueur/tueur d'enfant, mais en plus il a eu un comportement carrément exemplaire.
Cependant l'armée avait tord sur au moins trois points : 1° Elle est constituée de militaires, donc méchante ; 2° Elle est aux ordres d'un état, donc crapuleusement puissante ; 3° Elle est française, donc prioritaire pour venger l'ego des membres de Greenpeace. Raisons pour lesquelles l'association a décidé de faire du Clémenceau un symbole et de tout faire pour empêcher le démantèlement du navire. Je cite le Nouvel Obs. :
"C’est Greenpeace qui, avec d’autres associations, avait saisi le Conseil d’Etat qui, hier, a décidé de suspendre des opérations de désamiantage "qui présentent un risque d'atteinte grave et immédiate aux intérêts de la protection de l'environnement et de la santé publique". C’est Greenpeace qui a tout fait pour provoquer un imbroglio juridique entre la France et l'Egypte à propos du passage dans le canal de Suez. C’est Greenpeace qui n’a cessé de dénoncer la volonté du gouvernement de passer en force, en bafouant le droit international qui régule le transport de déchets dangereux. C’est Greenpeace qui a fait la jonction avec les autres grands gagnants de l’opération, l'un des plus gros syndicats indiens".
Et encore ne parlent-ils pas des diverses opérations médiatiques réalisées, du type largage d'activistes sur le bateau par hélicoptère, etc.
Greenpeace a donc obtenu que le bateau rentre en France (coût : un million d'euro) pour ... pourrir dans un port. Greenpeace réclame donc la création d'un centre de démantèlement européen pour les navires en fin de vie. Bah oui, on peut être écologiste et avoir de la suite dans les idées ! Sauf qu'on en rigolerait bien si le simple pathétique ne tournait pas au tragique : les mêmes se sont opposés à la création d'un centre de ce type en Angleterre voilà quelques années, sous prétexte, déjà ... d'écologie !!!!!!!!! (j'abuse rarement des points d'exclamation, mais là ... ) D'ailleurs localement, les écologistes s'opposent à ce jour encore à la construction de plateformes de démantèlement.
En résumé, les bateaux pourris (mais privés) qui partent en Indes dans des chantier morbides ne sont pas inquiétés ; les armateurs (d'état) qui font des efforts de protection des hommes et de l'environnement, sont attaqués ; les solutions locales, et propres, de démantèlement sont empêchés ; bref le bilan global de l'action des écologistes intégristes est écologiquement très négative.
Du coup Greenpeace provoque le pourrissement de la situation, au sens propre comme au sens figuré, puisque les bateaux, en vieillissants, rouillent et s'abîment, devenant encore plus polluants, plus dangereux et aussi plus cher à démonter. Ou alors ils finissent par couler bêtement, ce qui est superbement écologique.
Des écologistes qui recourent sans complexe à la propagande et au mensonge pour assurer le spectacle et les victoires d'ego.
Des islamistes qui sont prêt à tuer pour un dessin.
Des néo-conservateurs qui manipulent et mentent massivement pour imposer une guerre illégitime.
Au delà des convictions, tous ont en commun un intérêt très relatif pour le rationnel, la culture du débat, ces valeur fondatrices de la démocratie. On voit ce que ça donne.
- 16/02/2006 22:57
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Sources
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"Etre modéré ça ne veut pas dire qu'on n'est pas capable de réagir de façon immodérée par rapport à telle forfaiture, telle ignomignie, telle injustice."Jean-François Kahn