La non-réforme des zinstitutions est adoptée dans une ambiance électrique
Encore un joyeux bordel pour rien du tout.
Ca y est, la non-réforme des institutions vient d’être « approuvée » par le parlement (avec un arrêt de mort politique silencieux calibre 12.7 sur la tempe, en cas d’hésitation pour la moitié d’entre eux et de la bonne soupe pour ceux qui sont hors de portée). Les neuf cents élus se sont réunis à Versailles et ont voté avec gravité et avec les apparats de rigueur une « grandes réformes » totalement inutile…
Dieu sait si l’enjeu est considérable. Les problèmes démocratiques en France sont identifiés : baisse de la représentativité et de la diversité des élus, diminution de la séparation des pouvoirs et de leurs contrôles respectifs (exécutif, législatif, judiciaire, médiatique, financier), verbosité législative, juxtaposition des couches politiques locales... Et contrairement à ce qu’on a tendance à penser, les conséquences sont concrètes, importantes et quotidiennes : inexorables tentatives de réforme d’une société contre elle-même, détricotement du lien social, décisions absurdes, abus de pouvoirs, inamovibilité des élus, étouffement du débat public, rejet radical de la politique, de la démocratie, montée de la violence et des extrêmes, gaspillages, impuissance publique... Pourtant un certains nombre de solutions simples et sans conséquences négatives existent pour résoudre en partie ces problèmes. Si vous lisez régulièrement ce blog vous devez en connaitre une partie.
Rien de tout ça n’a été abordé.
Mieux, pour « résoudre » le problème des possibles pressions politique sur les média publics Sarozy décide que désormais il nommera lui-même le directeur de France Télévision, qui, dans la pratique était déjà nommé avec l’assentiment du président. Mais comme appeler cela une réforme ? Changer les rideaux d’une maison n’est pas une rénovation. Et qu'en dire si ces rideaux sont plus laids que les précédents !
C’est un peu comme créer une Gestapo en prétendant lutter contre l’hypocrisie entourant la violence policière. C’est sûr qu’on est bien avancé !
Je ne vais pas rentrer dans les détails de cette non-réforme, parce comme s’en enorgueilli notre exécutif qui adore les chiffres, des petites-modif-à-la-con (l’expression est de moi) il y en a un bon paquet. Un vrai concours de « je rajoute un adverbe à l’article 327-2 » pour rentrer dans le livre des records du nombre d’amendements à la constitution (Cf. la déclaration de Sakozy « Désormais je suis rentré dans l’histoire »). Parmi les « améliorations » les plus importantes on peut citer le don de quelques responsabilités à l’opposition (même si le canard avait quatre pattes elles ne seraient pas bien abîmées), le discours du président devant le congrès comme-les-zaméricains (tout le monde s’en fout), l’interdiction faite au président d’être élu plus de deux fois comme-les-zaméricains (tout le monde s’en fout), la suppression du référendum obligatoire pour l’entrée d’un pays dans l’UE pour permettre à notre président de trahir une promesse électorale de plus (ce qui fait deux « réformes » : celle de voilà deux ans pour instituer le référendum, et une pour le supprimer cette année. Bravo.)
Mais la meilleure c’est tout de même celle-là : le « référendum d’initiative populaire » !!! Wouahouuuuu ! Un référendum qu’on peut décider, nous, le vrai peuple. Si ce n’est pas démocratique, ça ! Un sondage du Figaro confirme sur le champ que les gens sont totalement d’accord avec le gouvernement. Sarkozy déteste tous les référendums, qu’ils concernent la constitution française ou européenne mais au fond c’est un chic type qui veut nous laisser le choix…
« NOOOOOT !!! », comme disait Borat, c’était une blague. Ha ha ha, quelle bande de joviaux rigolos nos constitutionalistes, les Jean-Yves Lafesse de la loi première ! Juste pour laisser ça à la postérité de l’Humour ils nous ont créé un « Référendum d’initiative populaire et parlementaire » totalement inapplicable.
Comme ça, pour le fun.
Ils nous ont bien eus… Quelle poilade !
24/07/2008 00:33
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Commentaires
L'auteur, le 29/07/2008 21:15
Mat> Ah ben ça te fait déjà une bonne différence avec notre Président. ;)
Mat, le 28/07/2008 11:17
L'auteur> Tout a fait. Ca me semble assez évident qu'un parti qui finit 2nd dans toutes les circonscriptions doit être représenté à l'assemblée. Et je ne pense pas qu'un système XX% prop./YY% non prop. soit si difficile à mettre en place.
L'auteur, le 27/07/2008 16:39
Mat> Dois-je comprendre que toi aussi tu es pour une dose de proportionnelle ?
L'auteur, le 25/07/2008 01:17
D'ailleurs le problème que tu soulève a un nom : le bipartisme.
Cela fait parti des grand problème dont je parle dans l'article. Malheureusement on a évité avec grand soin d'aborder le sujet dans cette réforme.
Mission accomplished...
L'auteur, le 25/07/2008 01:08
Par contre j'aurais également voté contre
Non pas à cause de Pavlov, mais parce que je pense qu'il est urgent de réformer.
Et pour moi, donner ma voix à cette non-réforme aurait été une caution, un encouragement à l'immobilisme.
L'auteur, le 24/07/2008 16:16
C'est exactement ce que je dis.
Mat, le 24/07/2008 13:54
Si cette réforme ne change rien de fondamental, pourquoi l'opposition a t-elle autant rechigner à l'approuver? Si ce n'est pour faire l'enfant et voter, tel un reflexe pavlovien, le contraire de la majorité.
Il n'y a vraiment rien de plus important à faire du côté de la rue de Solférino?
Nicolas Sarkozy n'est peut-être pas parfait, ni même sa majorité, mais avouons tout de même qu'il n'y a pas grand monde pour relever le niveau général.
"Je suis convaincu que la peur du gouffre finira par jouer et que le Oui passera."