Voila deux semaines Le Monde publiait un sondage avec pour titre "Les idées du Front national s'imposent dans l'opinion". Tant et si bien que l'information fut reprise sans la moindre distance par tous les média, et apparemment jusqu'à l'étranger puisque Super Lapin m'en a même parlé d'Irlande (enfin je crois bien qu'il s'agissait de cela).
C'est l'effet "quotidien de référence", comme l'indique le surnom de le Monde.
Or en y regardant de plus près, non seulement les questions du sondage ne prouvent rien sur une prétendues lepénisation des idées, mais en outre elles montrent des résultats qui sont en stagnation, voir en recul !
* 24% des français se disent "d'accord" ou "assez d'accord" (ce qui n'est déjà pas du tout la même chose) avec les idées développées par Le Pen. C'est justement le même chiffre qu'en 2004. Le chiffre avait fleureté avec les 32% en 1991. Et globalement on observe une stagnation.
Lepénisation des esprits ??
* 18% des électeurs avaient voté Le Pen en 2002. Il ne sont aujourd'hui que 14% a estimer ses positions justes, alors que l'enquête a été réalisée juste après les émeutes !
Lepénisation des esprits ??
* Sur le thème des "valeurs" et de la "sécurité" les français sont moins nombreux à avoir le point de vue de Le Pen qu'en 2003. Et beaucoup moins sur les thèmes de la préférence nationale (19% au lieu de 25%) !
Lepénisation des esprits ??
* 1% seulement des français approuvent les solutions de Le Pen en ce qui concerne l'immigration.
Lepénisation des esprits ??
Vous pourrez juger vous-même avec les résultats originaux de l'étude TNS-SOFRES dont je vous fourni le lien plus bas. Vous verrez que les idées de Le Pen dans l'opinion sont toutes, soi dans la moyenne des années précédentes, soi en recul (voir en recul spectaculaire).
Les seules réponses qui progressent sont aux affirmations "Il y a trop d'immigrés en France" et "La construction de l'Europe est une menace pour l'identité de la France". Or le fait de ne pas se réjouir particulièrement de l'ampleur de l'immigration ne prouve en rien qu'on tombe dans le fascisme (personnellement je ne m'en réjoui pas, mais il faudra me torturer à mort pour que je glisse dans l'urne un bulletin pour le gros borgne blond). Quand à la seconde qui vient après le dernier référendum enflammé, il ne prouve pas grand chose non plus, sinon l'entêtement du "journal de référence" à considérer le non européen comme une dérive fasciste. Il faut voir comment, au lendemain des résultats du référendum, le Monde avait insulté la moiter de son électorat, à l'instar de Serge July à Libération, qui, lui, insultait les deux tiers de son électorat, avec encore plus de hargne. Comment s'étonner alors que les gens ne souhaitent pas payer pour leurs papiers méprisants et que ces deux journaux soient (malheureusement) dans une situation financière catastrophique ?
Ou comment les ex-gauchistes qui prônaient la révolution en 1968, qui se sont totalement convertis à l'acceptation d'un néo-libéralisme ravageur sans bornes, se servent d'un anti-fascisme fantasmé et bien-pensant pour faire taire tout ceux qui ne pensent pas comme eux. Quitte, encore une fois, à jeter des marées d'électeurs dans les bras des plus extrémistes ...
Pendant ce temps là les joueurs de foot font des salues fascistes à leur supporters en tout impunité en Italie, pays où la cours de cassation vient d'estimer que "sale nègre" ne constitue pas une insulte à caractère raciale, et où l'extrême-droite participe au gouvernement, tout comme en Autriche, en Hollande, au Danemark et en Norvège ! ... Pendant ce temps là, la droite espagnole renoue avec le néofranquisme le plus nauséeux et la Pologne forme un gouvernement ultra-intégriste et xénophobe. Tandis que les chrétiens les plus intégristes de la planète ont pris le pouvoir aux Etats-Unis, l'Australie connaît des émeutes ultra-violentes qui, comme en France, ont mobilisé toutes les forces du pays pendant plusieurs jours. Sauf que ce n'étaient pas des jeunes de cités qui foutaient le dawa, non ... C'était des milliers d'australiens "de souche" qui, enragés, cassaient les voitures, s'attaquaient aux ambulances et cassaient la gueule à tous les "arabes" qu'ils croisaient ! Pendant ce temps là, dans tout le monde musulman les démocrates, les humanistes, les laïcs, sont toujours plus isolés, leurs idées ringardisées (merci Bush) au profit de l'islamisme le plus brutal, le plus intolérant et raciste qui partout progresse, et qui n'est bien souvent empêché que par des dictatures, qui du coup se font plus brutales elle aussi. L'Afrique est littéralement ravagée par les nationalismes et racismes inter-ethniques et inter-religieux les plus aveugles (le racisme anti-blanc dont on parle occasionnellement n'est que la partie découverte de l'iceberg). Même en Asie les blessures de la seconde guerre ne sont pas refermées et les nationalismes japonais et chinois, bien vivant, s'accrochent assez violemment, en Inde c'est la guerre entre musulmans et hindouistes, et l'Indonésie n'a rien à envier à cette ambiance très peu bon-enfant. Et je ne parle même pas de la situation en Irak et en Afghanistan et même en ex-Yougoslavie où les bombes on laissé place à des déchirements ethniques colossaux. Quand à la Palestine et Israel, la région est depuis presque 50 ans le théâtre d'expression des nationalismes religieux des plus absurdes qu'on puisse imaginer.
Mais non, c'est la France, cette vieille colonisatrice, qui est indiscutablement raciste, avec sa vieille lubie de laïcité et son "non" au référendum. Le fait que la France soit - et de loin ! - le pays qui accueille le plus d'immigration en Europe, avec somme toute peu de problème d'idéologie raciste (contrairement à beaucoup d'autres pays européens), ne change absolument rien.
Et si on appliquait un peu la "flexibilité" aux directeurs de rédaction, qui torpillent inlassablement - et sans remord - de pauvres journaux qui furent, un temps, un minimum proche du peuple ?
Paris hilton nude, le 16/02/2006 08:10
[Commentaire supprimé]
Turlupoulette, le 10/01/2006 06:01
J'ai dit Irlande ?
Super lapin (), le 09/01/2006 16:47
Mais je suis en Ecosse, pas en Irlande. Rhaaa... Tu fais du racisme anti ecossais ca se voit.
Turlupoulette, le 30/12/2005 00:30
Par soucis d'honnêteté, voici une copie de l'article du Monde qui n'est plus disponible.
Les idées du Front national s'imposent dans l'opinion
LE MONDE | 14.12.05 | 13h47 • Mis à jour le 14.12.05 | 15h01
Les idées de l'extrême droite incarnées par Jean-Marie Le Pen continuent de se banaliser. Un sondage de l'institut TNS-Sofres sur "l'image du Front national (FN) dans l'opinion", réalisé pour Le Monde et RTL après la crise des banlieues, montre que de moins en moins de Français rejettent "les positions de Jean-Marie Le Pen sur les grands problèmes".
Ils ne sont plus que 39 % à les trouver "inacceptables" en 2005, soit 5 points de moins qu'en 2004 et 9 de moins qu'en 1997. Ils préfèrent à 43 % les qualifier d'"excessives", alors qu'ils étaient 37 % à le faire l'an passé. La hausse s'élève à 6 points en un an.
De même, on observe, depuis 2002, une baisse régulière du nombre de Français qui pensent que le FN et son président "représentent un danger pour la démocratie en France" : 66 % en 2005, contre 70 % il y a trois ans.
Parallèlement à cette banalisation, le sondage montre un réel enracinement des thèmes du Front national. Près d'une personne sur quatre (24 %) se dit en effet "tout à fait d'accord" ou "assez d'accord" avec "les idées défendues par Jean-Marie Le Pen".
Un chiffre identique à celui de 2004, mais en progression de 2 points par rapport à 2003. Ce qui laisse une marge d'action au président du FN, qui a recueilli 16,9 % des suffrages au premier tour de l'élection présidentielle de 2002 et 17,79 % au second.
Quand on les interroge sur les thèmes développés par Jean-Marie Le Pen, les sondés hiérarchisent toujours de la même façon leurs préférences. "La défense des valeurs traditionnelles" arrive ainsi toujours en première position (33 % d'avis favorables), "la sécurité et la justice" en deuxième (26 %).
Cependant, on note, par rapport à 2003, une diminution d'un et de deux points dans l'adhésion à ces deux sujets, tandis que d'autres ("immigrés", "critiques contre la classe politique" et "impôts") progressent d'un point.
Les avis positifs concernant la position du FN sur "la construction de l'Europe" font un bond significatif en passant de 13 % à 19 % en deux ans.
Deux thèmes ont été introduits dans le sondage mené cette année : "la situation dans les banlieues" et "les critiques contre le gouvernement et la majorité". Ainsi, 25 % des Français approuvent le discours du FN sur le premier, 14 % sur le second.
Le thème de la préférence nationale semble un peu moins faire recette. Si 22 % des personnes interrogées considèrent toujours que l'on "doit donner la priorité à un Français sur un immigré en situation régulière" pour les prestations sociales et 19 % en matière d'emploi, on relève une diminution de 4 et 6 points par rapport à 2003.
Dès que l'on ne mentionne plus le nom de M. Le Pen ou celui du Front national, certaines réticences tombent. Les Français se montrent beaucoup plus nombreux à approuver des affirmations qui relèvent du fonds de commerce de l'extrême droite. Ils sont ainsi 63 % à dire qu'"il y a trop d'immigrés en France" (+ 4 points par rapport à 2003), 48 % pensent qu'"on ne se sent plus vraiment chez soi en France" (+ 4 points) et 45 % que "l'Europe est une menace pour l'identité de la France" (+ 10 points).
Article paru dans l'édition du 15.12.05
"Je suis convaincu que la peur du gouffre finira par jouer et que le Oui passera."